tag:blogger.com,1999:blog-5587186803050466494.post-53521809542790129082008-12-10T21:09:00.000+01:002008-12-10T21:09:00.000+01:002008-12-10T21:09:00.000+01:00A. me dit "La désacralisation, d'origine nord-amér...A. me dit "La désacralisation, d'origine nord-américaine ? Avec tous les bigots qu'il y a là-bas ?"<BR/><BR/>OK, j'ai mal employé ce mot, que j'utilisais pour faire écho à Charles Muller. J'aurais dû dire l'escamotage, comme décit ci-dessous, dans une réaction à un texte de Redeker dans Le Monde, à la Toussaint :<BR/><BR/>Redeker n’annonce pas la « fin de la mort » mais au contraire dénonce la perte du sens de la mort à l’oeuvre dans nos civilisations occidentales (étasuniens en tête).<BR/><BR/>Autrefois, le deuil se faisait de manière rude mais efficace : on mourrait à la maison, devant la famille, le voisinage et les amis venaient veiller le cadavre, tout était en noir, on « portait le deuil » tant de mois, etc.<BR/><BR/>Aujourd’hui plus rien de tout ça, que des rituels de contournement, comme le maquillage du mort pour qu’il n’ait pas l’air mort.<BR/><BR/>Et ce contournement obsessionnel se trouve parfaitement illustré dans les avis de décès : vous ne verrez jamais Untel « est mort le… » mais « nous a quittés », « a rejoint Dieu ». On nous annonce son départ, à la rigueur son décès. Le mot « mort », vous ne le verrez jamais.<BR/><BR/>Et touts ces avis où X, Y, Z, nous annoncent ça et ça, alors que Z, accompagné d’une croix, est donc mort et ne peut rien annoncer du tout ! Tous ces anniversaires où on lit que un an, cinq dix ans après « tu es toujours là » et « notre douleur est intacte » alors que le travail de deuil vise précisément à ce que le mort soit bien mort, et qu’il ne soit plus là que comme souvenir, bon si possible ! Bon sang, mes parents sont morts il y a des années, je ne les invoque jamais, et me souvenir d’eux (souvent) ne me fait que du bien ! Plus de douleur !<BR/><BR/>Parce que voilà un sacré paradoxe : à vouloir nier la mort, elle n’en est que plus obsédante. Vos morts sans cesse évoqués, vivantifiés, ne font que vous empêcher de vivre.<BR/><BR/>Bon, ça me fera bien chier de mourir. Mais en attendant, je vis !PMBnoreply@blogger.com